Le « Premio Federici » décerné à la basse MARCO SPOTTI à l’occasion d’un passionnant concert

Ce samedi 29 mars, un concert d’opéra passionnant s’est tenu auprès de l’association Corale Verdi de Parme à l’occasion de la deuxième édition du « Premio Federici ». En plus de la basse Marco Spotti, lauréate du prix, se sont produits la soprano Clarissa Costanza et le baryton Jorge Martinez, accompagnés au piano par Claudia Rondelli.
Se souvenir des grands du passé pour transmettre la passion de la musique aux jeunes
Le musicologue Paolo Zoppi, infatigable « Falstaff » du « Club dei 27 » de Verdi, était le présentateur et l’organisateur de cet événement. La salle « Romano Gandolfi » était comble et les applaudissements ont été nombreux, suivis de chaleureuses accolades lorsqu’à la fin les choristes et anciens choristes ont rendu hommage aux chanteurs les plus jeunes et les plus prometteurs.
Anna Bartoli, soprano, historienne de l’art et veuve de Franco Federici, est apparue émue mais détendue. En 2023, pour célébrer le dixième anniversaire de la mort de son mari, elle avait inauguré le prix, annonçant qu’il serait décerné tous les deux ans. Cette année, c’est la deuxième édition.
Né à Parme le 5 juin 1938, Franco Federici obtient son diplôme de chant avec mention au conservatoire local, puis se spécialise dans les conservatoires de Florence et de Venise. Doté d’une voix ferme et ductile, d’un talent d’acteur et d’une solide technique, Federici savait interpréter avec aisance des personnages tant comiques que dramatiques. Son répertoire comprend plus de 120 rôles de basse.
Au cours de son intense carrière, il s’est produit dans les plus grands théâtres du monde, aux côtés de meilleures stars de l’opéra. Le 15 avril 2013, il est décédé à son domicile de Parme des suites d’une maladie fulgurante. Pour mieux le connaître, plusieurs enregistrements sont disponibles ainsi que le livre Franco Federici. Quando il canto si fa emozione, écrit par Anna Bartoli et publié par Azzali en 2013.
https://www.youtube.com/watch?v=TIApiB4zdBg
Donizetti, Poliuto – « Alimento alla fiamma si porga » – Franco Federici; Jan Latham-Koenig (Rome, 1989)
Le lauréat est la basse Marco Spotti. Né lui aussi à Parme et diplômé avec mention en chant lyrique du conservatoire local, il a remporté de nombreux concours internationaux d’opéra et s’est produit dans les théâtres les plus célèbres du monde. Samedi soir, il a interprété « Restate ! Presso della mia persona » de Don Carlo de Giuseppe Verdi, « Ecco il mondo » de Mefistofele d’Arrigo Boito et « Come dal ciel precipita » de Macbeth de Verdi. Intense dans son interprétation, il fait état d’un art habile du phrasé et module sa voix avec finesse et élégance. Attentif aux nuances, il rend avec conviction la profondeur émotionnelle des paroles et de la musique.


Si Marco Spotti a déjà une carrière de plusieurs décennies derrière lui, Clarissa Costanzo et Jorge Martinez font partie des « espoirs lyriques ». Époux dans la vie, ils apparaissent soudés sur scène, généreux et enthousiastes dans leur chant. La jeune femme, âgée d’une trentaine d’années, possède une voix ample et riche de soprano lirico-drammatico et une bonne maturité artistique.
La ligne de chant est bien maîtrisée, tant dans les graves que dans les aigus. Elle est particulièrement convaincante dans le rôle d’Amelia d’Un ballo in maschera de Verdi, où elle exprime vocalement et émotionnellement le complexe conflit intérieur du personnage. Le duo final « Regna il sonno su tutti », extrait de Macbeth de Verdi, interprété par Clarissa Costanzo et Jorge Martinez, a également été applaudi. Ce dernier est d’origine cubaine, né dans un milieu artistique (son père est baryton, sa mère diplômée en guitare et en chant), il a d’abord étudié le cor pendant huit ans, puis s’est spécialisé dans le chant. Il possède une voix aux belles couleurs brunes et un timbre doux.
À la fin de la soirée, Marco Spotti a donné en bis « La calunnia è un venticello » du Barbiere di Siviglia de Gioacchino Rossini. Il s’était d’ailleurs produit quelques jours plus tôt au Teatro Lirico de Cagliari dans le rôle de Don Basilio. La pianiste Claudia Rondelli, professeur au Conservatoire de Parma, a accompagné les chanteurs de manière harmonieuse, avec grâce et en mettant en valeur leurs voix. Du prélude d’Attila de Verdi, elle a parfaitement rendu l’intensité dramatique et l’atmosphère sombre qui le caractérisent.
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Clarissa Costanzo, soprano
Jorge Martinez, baritono
Marco Spotti, basso
Claudia Rondelli, pianoforte
Paolo Zoppi, presentatore
Giuseppe Verdi, Attila, « Dagli immortali vertici », Marco Spotti
Giuseppe Verdi, Un ballo in maschera, « Morrò, ma prima in grazia », Clarissa Costanzo
Umberto Giordano, Andrea Chénier, « Nemico della patria », Jorge Martinez
Giuseppe Verdi, Macbeth, « Nel dì della vittoria », Clarissa Costanzo
Giuseppe Verdi, Don Carlo, « Restate! Presso della mia persona », Jorge Martinez e Marco Spotti
Giuseppe Verdi, Attila, Preludio, Claudia Rondelli
Arrigo Boito, Mefistofele, « Ecco il mondo », Marco Spotti
Pietro Mascagni, Cavalleria rusticana, « Voi lo sapete, o mamma », Clarissa Costanzo
Giuseppe Verdi, Macbeth, « Come dal ciel precipita », Marco Spotti
Giuseppe Verdi, Macbeth, « Regna il sonno su tutti », Clarissa Costanzo e Jorge Martinez
Parma, Corale Verdi, Sala “Romano Gandolfi”, 29 mars 2025